J’ai testé le stop en Nouvelle Zélande !

J’ai testé le stop en Nouvelle Zélande !

4 décembre 2018 0 Par Nemsta

Adepte du bus, j’ai voyagé ainsi pendant toute la durée de mon séjour en Nouvelle Zélande.

Cependant, j’ai eu l’occasion de tester le stop!

En effet, l’épisode de Bamber House et les 6 mois de folie sur Auckland ont touché à sa fin en Octobre. Toute la Bamber family s’est séparée et moi j’étais chargé d’une mission : Rejoindre Fox Glacier dans l’île du sud en moins de 48h!

Programme:

  • bus de nuit Auckland – Wellington
  • prendre le ferry de Wellington à Picton
  • tenter de chopper le dernier bus de la journée de Picton à Nelson
  • Passez la nuit à Nelson
  • prendre l’unique bus (7h du mat) de Nelson à Fox Glacier !

Les deux premiers points du programme se sont déroulés à merveille! En revanche, je m’y attendais un peu, mais j’ai bel et bien loupé le dernier bus reliant Picton à Nelson… Il m’a fallu trouver un plan B…… Le stop !

Bus de nuit, Wellington et Ferry

Le bus de nuit était super long et assez étrange car je quittais pour la première fois Auckland. Et pour l’autre bout du pays! Heureusement je partageais le bus avec une copine argentine qui se dirigeait également à Wellington.

Arrivé le matin dans la capitale, j’ai dû patienter jusqu’à l’heure d’embarquement du ferry en début d’aprèm. Petite visite de la ville, repère de la zone du ferry, sieste à la bibliothèque, réservation de l’hostel à Nelson. Voilà le programme sous ce soleil magnifique.

On m’avait prévenu que l’arrivée du Ferry à Picton était épique! En effet je n’étais pas déçu. C’était donc après cette traversée magnifique entre les collines qu’allait débuter l’aventure…

Le chemin en ferry ne dure pas très longtemps mais est assez agité, et se calme nettement lorsque l’on arrive enfin à Picton. C’est juste une claque! Il faisait un temps magnifique, l’eau calme et les collines aux alentours donnaient un charme à cette arrivée à Picton.

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Le stop ou hitchacking:

“Activité consistant à rester comme un con sur le bord de la route, le pouce en l’air et accompagné d’un sourire, afin d’espérer trouver une voiture pour nous amener d’un point A à un point B.”

Première voiture

Je suis arrivé avec le ferry en retard, et j’ai donc loupé le dernier bus reliant Picton à Nelson….

Croyez-moi, se retrouver en fin d’après-midi en faisant du stop au milieu de nulle part (car Picton c’est très petit.. et surtout quand c’est la première fois!), c’est une sensation assez spéciale…

Mon premier réflexe était de voir s’il n’y avait pas d’autres auto-stoppeurs pour Nelson. Et bien non, me dirigeant vers la route régional, j’étais bien le seul.

Heureusement je n’ai pas eu à attendre trop longtemps ma première voiture de cette demoiselle qui m’a déposé une trentaine de minute plus loin. C’est toujours très spécial et un peu gênant de parler à une inconnue qui te rend service et ne te demande rien en retour! Et même si elle n’a pas pu me déposer bien loin je gagnais du terrain petit à petit! J’étais trop content, ça fonctionnait et c’est cool de partager un bout de route avec une personne sympathique!

Deuxième voiture

Je me souviens que la première demoiselle s’est arrêtée à une intersection car elle prenait une route différente, mais elle a eu la gentillesse de m’indiquer la direction de Nelson. J’ai tenté de me mettre sur l’entrée du parking d’un restaurant, un petit peu avant la voie rapide. Personne ne s’arrêtait. Ayant eu pitié de moi, le gérant du restaurant est sorti me donner quelques conseils.

  1. J’étais mal placé! sortie de rond point, pas facile pour les voitures de s’arrêter
  2. Il me dit que les voitures n’aiment pas les auto-stoppeurs qui restent plantés-là à attendre
  3. il me conseille donc de prendre le chemin de la voie rapide (longue ligne droite) et de marcher pouce en l’air.

Je ne perds pas de temps il commence à faire assez tard (18h et quelques)…. Je commence donc à sortir de ce petit village et entame la ligne droite, pouce en l’air!

Là, les choses se sont compliquées! PERSONNE, pas de voitures, et le peu qui passent ne me calculent même pas.

Je suis clairement au milieu de nulle part, au milieu des champs et des vaches. Je reste tout de même tranquil et avec une sensation de solitude. Mais je ne peux pas décrire cette sensation comme mauvaise, j’ai juste l’impression d’être vraiment dans l’aventure. Seul avec mes vaches et un sublime coucher de soleil..

Je continue d’y croire à fond et faire marcher la loi de l’attraction en me visionnant prendre mon deuxième lift, le plus loin possible!

J’ai bien du rester 1h30/2h sans que personne ne passe. Il commençait à faire nuit, et par grand miracle un dame s’arrête et me demande où je vais! Elle n’allait pas vers Nelson mais accepte de m’accompagner le plus loin possible! et me voilà reparti pour une petite demi heure de route.

C’était quasiment la nuit et cette charmante dame me demande si je suis sûre de faire du stop à cette heure-ci. Elle m’a proposé de trouver et me déposer à un hôtel le plus proche. Je refuse gentillement, je n’avais pas le choix, je devais être à Nelson pour prendre le bus le lendemain! Elle me dépose donc à son intersection, m’indique le chemin et me souhaite “good luck”.

Dernière chance, dernière voiture…

La nuit tombante, à ce stade je faisais moins le malin. Mais j’étais tellement dans cette humeur d’aventurier que j’avais l’impression que rien ne pouvait m’arrêter ni m’arriver. Je me suis même dit: “Tanpis, je vais me taper les 100 derniers Km toute la nuit..” (naïf!)

Bref autant vous dire que je n’avais pas forcément les idées claires, mais j’étais déterminé. Imaginez, une route régionale au milieu de nulle part, de nuit, et moi, marchant vêtu de noir comme un imbécile!

Il faisait vraiment sombre et j’utilisais mon Mp3 et le peu de batterie qui me restait pour m’éclairer. Aucun bruit de voiture dans cette nuit calme au bord de la route. Enfin si! un bruit de voiture, je me retourne levant le pouce et j’aperçois des gyrophares!! Les flics!

Je me suis dis: “merde qu’est-ce que j’ai fait!”

Du coup le policier s’arrête à côté de moi, et me demande qu’est-ce que je fais et où je vais. Réponse faite, il me dit direct que ce que je fais est dangereux et qu’il veut bien me déposer à un endroit plus éclairé. Retour donc sur mes pas, en voiture avec ce policier ultra cool! Il me dépose donc à un endroit sous un spotlight et me donne quelques conseils comme mettre un Tshirt blanc par dessus mon pull noir pour être visible etc…

Je le remercie infiniment de sa bienveillance et ses conseils. Les flics en Nouvelle Zélande sont d’un level de gentillesse inégalable. On ne peut pas en dire autant avec la police de proximité en France…

Bref petite punchline mais ne faisons pas de généralité.

Me voilà au milieu de nulle part, dans le froid, la nuit totale, éclairé par un lampadaire! 20h45…. Je le jure j’étais prêt à y rester toute la nuit! Et j’y suis resté 2h. Attendre, attendre…. total 2 voitures s’arrêtent et chacune me propose de me déposer à un hôtel dans le prochain village mais je refuse avec gentillesse. J’étais catégorique dans ma tête, c’était Nelson ou rien!

22h30 il commence à pleuvoir mais MIRACLE! Une troisième voiture s’arrête.

“Where’r you heading to?”

“Nelson, sir!”

“Jump in, you’re lucky, you’re gonna sleep in a bed tonight!!!”

Putain!!!! Le pied! Une sensation INCROYABLE, INDESCRIPTIBLE. J’étais trop content! Je cours prendre ma valise que j’avais déposé un peu plus loin à l’abris (il commençait à pleuvoir). Je balance tout sur le siège arrière et jump dans le siège passager!

Non seulement le monsieur ultra cool discutait de tout et de rien, mais en plus il a appelé  l’auberge de jeunesse sur Nelson que j’avais réservé, pour s’assurer que le réceptionniste m’ouvre la porte! (je n’avais pas de téléphone)

Royal, 2h de route, je rêvassais en voyant les étoiles défiler et les gouttes de pluies couler sur la fenêtre passager… Je me demandais quelle petite étoile pouvait si bien veiller sur moi.

Je remercie sincèrement de tout mon cœur ce monsieur qui a même attendu avant de partir, que le gérant ouvre la porte de l’auberge pour s’assurer que je puisse y dormir.

Et c’est pas fini!!!!!

Résultat, il est minuit passé et le gérant, un vielle homme bien kiwi, m’accueille et me désigne ma chambre. Il me demande si je prends le bus demain matin et si je souhaite qu’il vienne me réveiller. Alors moi, royal, je lui dis:

“Oui, j’ai bien un bus pour Fox à 6h55..”

et

“Non, ce n’est pas la peine de venir me réveiller, je ne vais pas le louper ne vous inquiétez pas!” (prétentieux!)

Pour continuer dans la connerie, j’ai scouaté l’ordi du salon pour voir mes mails et suis retourné dans ma chambre, me suis endormi après avoir déballé la valise. Quand je vous dis “endormi”, c’est que je me suis même pas mis en pyjama, je me suis juste posé dans le lit pour m’étirer et me relaxer un peu et boom dodo! (sans même m’en rendre compte, tellement j’étais relax!)

Le lendemain…

TOC TOC TOC!

Putain, je me lève en sursaut! J’ouvre la porte, le gérant me dis de me bouger le cul il est 6h40!!!!

J’ai pris la douche la plus rapide de l’histoire de l’humanité, repacké ma valise que (comme un con!) j’avais bien pris soin de déballer! Le gérant m’explique comment aller à pied jusqu’à la station (à 2 minutes heureusement…) et Ciao! j’étais parti en courant pour chopper le bus!

Je ne sais vraiment pas ce que j’ai fait pour attirer tant de chance et de sympathie de la part des personnes qui me sont venus en aide dans mon aventure. Je soupçonne même la demoiselle qui m’a déposé la nuit, d’avoir appelé la police pour venir voir si tout allait bien. Une chose est sûre, j’avais qu’une chose en tête: “Réussir ma mission”. En aucun cas je me suis vu échouer, j’ai joué énormément de la loi de l’attraction…

Cette mission ce n’était pas pour rien, c’était pour rejoindre celle qui avait fait chaviré mon cœur quelques semaines auparavant…